MÉDECINE CASTOR - RENCONTRE À MARQUÈZE EN MAI 2026

Publié le jeudi 21 mai 2026 - Parc naturel régional des Landes de Gascogne

Parc naturel régional des Landes de Gascogne

Le 20 mai dernier, le projet Médecine Castor était mis en lumière à l’Écomusée de Marquèze. Organisée par la Forêt d'Art Contemporain et le Parc naturel régional des Landes de Gascogne, cette rencontre avec l'artiste Suzanne Husky, dont la démarche artistique est au cœur du projet, réunissait l'ensemble des parties prenantes de ce programme d'envergure régionale, notamment le Frac Poitou-Charentes, le Centre Rurart, l'association Mouvement d'Alliance pour le Peuple Castor (MAPCA), le réseau ASTRE… Un chantier mimétique, une visite de terrain et une conférence ponctuait cette journée emplie d'échanges autour d'un intérêt partagé : comment "rendre l'eau à la terre".

"Médecine castor" permet de croiser les approches, entre médiations artistiques et scientifiques. En se basant sur des expériences positives d'autres territoires, en se formant auprès d'experts pour mettre en œuvre les barrages mimétiques castor, en sensibilisant le grand public à l'importance de "redonner vie" aux cours d'eau notamment en leur permettant de reconstituer leurs processus naturels originaux, la "médecine castor" se met en place. L'eau ralentit, s'infiltre, des milieux humides se reconstruisent, des espèces réapparaissent. Là où l'humain a voulu simplifier, et pour lutter désormais contre les aléas climatiques, les sécheresses, inondations et feux de forêt, les solutions fondées sur la nature comme la "médecine castor" nous inspirent pour proposer une autre façon de vivre avec notre environnement.

Le matin du 20 mai, sur le site de Marquèze, les pieds dans l'eau, quelques volontaires œuvraient sur une évacuation de surplus d'eau près de l'aire meunière (déversoir de crue), sur un chantier "barrage mimétique castor". Cette sorte de petit canal créé par l'homme, est souvent sans eau, du fait de sa proximité avec le ruisseau de l'Escamat et la sortie du moulin qui drainent et rabattent l'eau en sous-sol. Si cela fonctionne ici, dans les conditions les plus favorables à un état de sécheresse, nous pouvons imaginer reproduire le modèle ailleurs, sur des cours déconnectés de leur vallée historique. D'autres barrages avaient déjà été réalisés quelques semaines auparavant sur ce site et les premiers signes de leur utilité s'exposent déjà fièrement d'un jaune éclatant… Les iris des marais sont revenus sur ces berges auparavant désertées, ainsi que la menthe aquatique. Les phryganes, insectes aquatiques, ont également trouvé refuge dans le "compost'eyre", en construisant leur "fourreau" à partir d'un mélange d'aiguilles, d'écorces et de fougères qui constituent les barrages. "Ces ouvrages constituent aussi les matériaux de réparation du matelas d'un lit trop incisé" a expliqué Laurent Dégrave, technicien rivière au PNR. 

L'après-midi de la rencontre, une cinquantaine de présents étaient donc près de l'eau observant ces drôles d'ouvrages en travers du lit, à l'écoute des explications de Suzanne Husky et de Laurent Dégrave. Un retour en train et un petit grignotage plus tard, au Pavillon de Marquèze, une conférence ouverte à tous clôturait cette journée et permettait d'en saisir les contours à l'échelle d'un territoire bien plus vaste que les Landes de Gascogne. Cette coopération multi partenariale, entre scientifiques, techniciens, artistes, territoires, citoyens, ces politiques publiques qui se croisent pour expérimenter, ont créé quelque chose de particulièrement positif : porter un récit collectif optimiste et innovant face au changement climatique. Face à plus de 70 personnes enthousiastes, avec ses aquarelles à l'appui, Suzanne Husky a prouvé, s'il le fallait encore, que l'art est à la fois un outil de médiation et un levier de transformation. Sa démarche dans les Landes de Gascogne sera de produire une œuvre, "temps profond des Landes", au format film d'animation, diffusé par la Forêt d'Art contemporain dans le cadre de son programme. Des entretiens avec des scientifiques et historiens du territoire seront organisés avec Suzanne pour lui permettre, entre autres, de nourrir sa démarche artistique.

Dans les Landes de Gascogne, le projet ne fait donc que débuter ! Du 2 au 7 novembre 2026, un chantier participatif mêlant professionnels, scolaires et citoyen·ne·s sera organisé à Luxey (40). Ce sera aussi l’occasion d’accueillir la Cie Bardaf!, avec sa création « La cure castor », qui nous sera présentée lors d'un après-midi festif,  le samedi 7 novembre.


"Médecine castor - Pour des alliances inter-espèces face au chaos climatique" est un projet soutenu par la fondation Carasso, la Région N-A (par le contrat de filière arts plastiques et visuels et son appel à projet coopération et territoire), la DRAC N-A et le réseau Astre. Il est coordonné à l’échelle régionale par le Frac Poitou-Charentes et porté localement par la Forêt d'Art Contemporain et le PNR des Landes de Gascogne. L'accueil en résidence de la Cie Bardaf! et sortie de résidence est une coproduction soutenue par le PNR et le CNAREP Sur le pont.